De pied en cape

par chris ~ 27 mars 2009. Classé dans: Dernières news, Découverte du Pays basque et du Béarn.

Je suis friand des adages citations et autres aphorismes.
Le texte qui suit vous en confirmera la raison.

Par un jour ensoleillé de ce début mars (il fait toujours beau en Béarn !!!), j’ai eu la chance de visiter une fabrique de cigares français.
Pour ne pas tomber sous les foudres de la loi d’un certain ministre, je ne ferai en aucun cas l’apologie du tabac ! Restent le rêve et la passion.

Accueilli par la maitresse des lieux, dans une bâtisse respectable, je me suis imprégné durant un délicieux moment de la beauté, du charme et de la quiétude de l’endroit.

Pendant notre entretien itinérant, au gré des étapes de production, je me suis laissé envahir par une douce torpeur.

Etait-ce dû à ce voyage irréel vers Cuba ou au doux accent des torcedores ? J’ai retrouvé ces sensations ressenties dans les vignes, en cuisine. La poésie est la même.

De la plantation du tabac juqu’à la confection des cigares, la tradition cubaine veille. Choix des plants, arrachage, tri, séchage, maturation, roulage, stockage. Tous ces termes pourraient donner l’impression d’une gigantesque fourmillière industrielle. Il n’en est rien. La fierté de leur métier artisanal se lit sur le visage des torcedores (des femmes, uniquement).

Le cigare se compose de trois types de feuilles: la tripe, la sous-cape et la cape.
Chacune a ses spécificités et donne au cigare des arômes différents suivant l’assemblage élaboré. Le privilège m’a été octroyé d’assister à la finition d’un cigare.

La tripe, moulée dans la sous-cape est ensuite habillée et roulée dans la cape avec une gestuelle et une habilité ancestrales par les torcedores.
Quelques points de colle végétale plus tard, des coupes savamment ajustées et mon cigare béarnais trônait fièrement sur son pied, habillé de sa cape.
Fraichement confectionné, il ne me restait plus qu’à le fumer le jour de sa réalisation ou le laisser mûrir un bon mois minimum dans une boite à cigare.

Si l’élégance du cigare m’était donnée, je sortirais tous les jours habillé de… pied en cape.

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